C’était il y a un an, jour pour jour. Par un beau et doux matin ensoleillé du mois d’avril, après une nuit entrecoupée de cauchemars et un réveil marqué d’un nœud gigantesque à l’estomac, je me suis présentée à l’hôpital stressée comme ça faisait longtemps que je ne l’avais pas été. Encore aujourd’hui, je me demande comment j’ai fait pour parcourir le long corridor sans broncher. Car ce matin-là, j’accompagnais mon beau-père pour un long voyage. L’embarquement était prévu pour 9h et nous savions qu’il serait le seul passager à prendre place à bord…

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Voilà déjà un an que je souhaite écrire sur l’aide médicale à mourir.

Depuis un an, je tente de trouver la bonne façon d’aborder ce sujet encore tabou et si délicat. Depuis un an, j’écris, j’efface et je recommence. Depuis un an, je rassemble mes idées, mais le choix des mots ne me convient jamais.

C’est une année complète qui s’est écoulée et je n’y étais toujours pas arrivée…

Mais voilà qu’après avoir vu l’épisode d’Unité 9 dans lequel le personnage de Georges reçoit l’aide médicale à mourir, mes idées se sont mises en place. J’ai alors réalisé que ce texte, je devais d’abord et avant tout l’écrire pour moi. Pour enfin boucler la boucle de ce départ si singulier.

Près de 2000 mots plus tard, je me relis et je suis enfin heureuse du résultat. Ça aura été long et laborieux, mais j’y suis parvenue. J’ai réussi à mettre des mots sur l’une des journées les plus déchirantes, mais aussi des plus précieuses de ma vie. Et près de 2000 mots plus tard,  j’ai compris que de ce long texte, vous ne liriez que le premier paragraphe, car la suite ne dépasserait jamais les limites de mon écran...

D’abord par pudeur, de vous donner ainsi accès aux profondeurs de mon intimité, mais surtout par respect. Par respect pour mon beau-père, qui ne voulait jamais déranger, mais qui savait très bien le grand remous que sa décision allait causer. Et aussi par respect pour mon chéri et son frère, qui ont dû comprendre, accepter et vivre chacune des étapes de cette ultime demande.

À 9h28, il y a un an aujourd’hui, c’est tout en douceur et entouré des siens que mon beau-papa nous a quittés, tel qu’il l’avait souhaité. Depuis, je sais qu’il veille sur nous comme il l’a toujours si bien fait. Et si vous me demandez si l’épisode d’Unité 9 était réaliste, je vous répondrai simplement qu’à quelques détails près, oui, ça ressemblait pas mal à ça…