Selon moi, les deux plus importantes ressources naturelles du Québec sont les fraises de l’île d’Orléans et le sirop d’érable!

Hummmm… le sirop d’érable. Existe-t-il plus savoureux que cet onctueux nectar sucré? J’aime tellement le sirop que si c’était possible, je m’en ferais injecter directement par intraveineuse au risque de devenir rapidement junkie ou carrément diabétique! Vous riez? Même en me modérant, une canne de sirop ne dure jamais beaucoup plus longtemps que 72 heures chez moi. C'est pas mêlant, si je m’écoutais (et si mon porte-monnaie me le permettait!), mon panier d’épicerie serait rempli à ras-bord de ces belles petites boîtes métalliques qui me rendent si heureuse. D’ailleurs, vous vous souvenez du vol de barils de sirop survenu dans un entrepôt il y a quelques années? On m’aurait soupçonnée que je n’aurais pas été surprise. Je vous le dis, je suis pathétique… je pourrais probablement passer à l’émission « Mon étrange dépendance ».

Pour moi, vous l'imaginez, un repas à la cabane à sucre c’est le summum du bonheur. Car non seulement j’adore le sirop, mais j’aime aussi toutes ses déclinaisons : beurre, sucre dur, sucre mou, tire, mousse, gelée… Qui sait, peut-être étais-je dans une autre vie une acéricultrice chevronnée?

Il y a quelques années, j’ai même eu la brillante (!) idée de fabriquer mon propre sirop. J’ai donc imploré Monsieur d’aller entailler deux trois érables en arrière de la maison pendant que j'allais acheter des sceaux pour récupérer la sève. À peine deux jours plus tard, j’avais déjà accumulé assez d'eau sucrée pour sortir mes chaudrons. En moins de temps qu’il n’en faut pour dire « sirop », la maison suintait de partout. Ça sentait bon, ça sentait sucré, les murs étaient collés... Au bout de quelques heures, j’ai enfin pu me réjouir d’avoir réussi à obtenir deux cuillères à soupe (!) de sirop. Bon, vous me direz que ce n’était pas beaucoup pour tous les efforts déployés, mais je vous répondrai qu'au moins il était vraiment très bon et que depuis, je voue une admiration sans borne aux producteurs d'érable!

Pour mon plus grand plaisir, l'année suivante, Cousine S. m’avait téléphoné par un beau dimanche ensoleillé afin de m’inviter à venir rouler une palette de tire chez elle. Nous étions tous là, plantés dans l’entrée, à attendre que le sirop atteigne la température idéale. Et là, grand moment d’extase pour tous, elle est arrivée avec son chaudron bien chaud… La technique d’épandage n’était peut-être pas tout à fait à point et la température ambiante si froide que la tire a gelée pratiquement avant même de toucher le banc de neige, mais Seigneur que c’était bon!

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L'an dernier, nous avons récidivé chez mononcle M. Cette fois-ci, Mère Nature avait mis ses habits printaniers. Le soleil brillait de mille feux, les oiseaux chantaient, la tire était bonne et grâce à quelques vaillants membres de la famille, nous avons même réussi à transformer les restes en beurre d'érable... Vous dire combien mes toasts étaient savoureuses le lendemain matin, j'en salive encore!

cabane à sucre maison_etsionjasait

beurre érable maison_etsionjasait

Vous le devinerez, avec le printemps qui semble enfin vouloir s'annoncer, l’envie d’aller me sucrer le bec est omniprésente; c'est tout juste si je n'en rêve pas la nuit! Et il semble que cette maladie soit génétique, puisque Poulette a elle aussi commencé à tourmenter pour aller à la cabane. Ne vous surprenez donc pas si vous lisez prochainement dans les journaux qu’une femme a succombé à une overdose de sirop d’érable… ça sera probablement moi.

On jase là, quel est votre produit de l'érable préféré?

 

Note : Ce billet est une mise à jour d'un billet que j'avais rédigé en 2014.